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 Matt Elliott / Tortoise aux Trinitaires, Metz, 08/06/16

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Pierrou
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MessageSujet: Matt Elliott / Tortoise aux Trinitaires, Metz, 08/06/16   Jeu 09 Juin 2016, 01:02

Heu... Ouais bon... Pour Matt Elliott j'avais pas d'avis a priori donc pas déçu mais il m'avait semblé qu'à une époque j'avais bien aimé Tortoise... C'était pas nul mais... Je vais tâcher de faire une ptite kro à la dom's si j'ai le temps et l'inspiration...
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MessageSujet: Re: Matt Elliott / Tortoise aux Trinitaires, Metz, 08/06/16   Jeu 09 Juin 2016, 12:40

Ah oui, t'as plutôt intérêt ! Mais "à la Pierrou", ce sera carrément bien mieux ! Wink

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MessageSujet: Re: Matt Elliott / Tortoise aux Trinitaires, Metz, 08/06/16   Sam 02 Juil 2016, 10:06

Matt Elliott tendance folk sombre ou tendance drum & bass avec son ancien nom : The third eye foundation ?
Fait longtemps que je l'ai pas vu en live.

Tortoise, j'ai pas trop suivi après leur album Standards qui date quand même de 2001..
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Pierrou
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MessageSujet: Re: Matt Elliott / Tortoise aux Trinitaires, Metz, 08/06/16   Sam 02 Juil 2016, 13:31

Pareil pour moi hibernation de la tortue entre 2001 et 2016. Impression de pas avoir loupé grandchose. C'était la tendance folk. Faut que je finisse ma ptite kro...
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Pierrou
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MessageSujet: Re: Matt Elliott / Tortoise aux Trinitaires, Metz, 08/06/16   Dim 11 Sep 2016, 11:26

Arrivé en retard pour Matt Elliott, mais garez-y vous / garez-vous y, vous, au centre-ville de Metz à huit heures et demie du soir (et je passe sous silence ma course poursuite involontaire dans les rues piétonnes avec une caisse de la police municipale aux trousses)… « Matt Elliott », si vous aussi vous trouvez que c’est typiquement un nom de chanteur folk semi-obscur et générique, eh bien, vous avez le gars devant vous sur son tabouret avec sa guitare sèche, ses accords mineurs et sa voix de baryton légèrement craquelée. Le morceau au milieu duquel je débarque me paraît bien basique, arpèges de guitare espagnole à la Leonard Cohen première manière,  un coup vers le bas, un coup vers le haut, ambiance Maison Soleil Levant, comme dirait Charlélie, égrenage rythmique très mécanique qui, paradoxalement, évoque plus la sueur des chaînes de montage que le bon artisanat folk du coin du feu. Dans ce genre de musique, quand tout se passe bien, on chope le message en double, en triple, au moins. Il y a la chanson - « how many roads must a man… », tout ça - et parfois les mots simples, les trois-quatre notes qui vont autour, l’ensemble est incroyablement évocateur. Et puis il y a l’autre face de l’artisanat, le sous-texte microtonal, polyrythmique, ce que vous voulez, la moiteur des doigts qui glissent sur les cordes, la note qui arrive un peu tôt, un peu tard, qui passe en contrebande, celle qui frise (OK, appelez-ça l’interprétation), c’est tout un orchestre  qui sort de la rosace, chez Bert Jansch, chez Nick Drake - plus récemment, chez Elliott Smith ou Josh T. Pearson. Je me dis que quand même, ça ne doit pas être évident de tenir une scène pendant tout un concert avec juste sa guitare et sa voix. Le fait est que pour l’heure, les gens vont et viennent et sont globalement plutôt dehors à boire des bières. La chanson a l’air de durer des heures (et s’étale facilement, en réalité, sur au moins dix minutes), elle est tellement élémentaire que Matt Elliott finit par en changer les paroles et ça donne « I put a spell on you », sans les grognements et les cris, sans les cuivres lancinants, sans les os dans le nez, et même… sans les paroles, puisque le chanteur ne fait que susurrer « I put a spell on you / Because… you’re mine » tout du long, rien d’autre, les mêmes accords, les mêmes paroles, en boucle. Je n’arrive pas à voir si c’est un hommage, ou de l’humour, une version musicale d’une vieille avant-garde genre Arte Povera, si l’émotion est censée passer par le geste, le timbre de la voix - auquel cas, ben ya pas grand-chose qui passe. On ne sait pas trop non plus ce qui a poussé Matt Elliott à s’accompagner exclusivement à la guitare à cordes nylon, instrument qui peut être assez ingrat et connoté (c’est un joueur de banjo qui se permet d’écrire ça), ni quelle épaisseur ses inflexions classiques et autres rasgueados sont supposés ajouter aux chansons. Il y a un moment où on a l’impression que le gars part en free-style sur l’instru de Jeux Interdits, c’est plus embarrassant qu’autre chose, franchement. Il y aura aussi quelques étranges passages en mode Jean-François Bernardini, parce qu’il y a une astuce : Matt Elliott a un sampler au bout du pied, il peut refaire I Muvrini à lui tout seul, et là encore, pour une raison quelconque, il le fait. En virtuose de l’électronique (formé au sein du projet « trip hop » Third Eye Foundation), il lui arrive de faire de même avec sa guitare, empilant les motifs, doublant ou triplant les parties avec la même expertise que Jimmy Page sur les premiers albums de Led Zeppelin, et OK ça sonne plus dense, mais pas tellement mieux pour autant. En dehors de ça, Matt Elliott a l’air d’un gars très sympa et s’exprime en français avec un accent délicieux, mais entre ses messages au public, il a fallu s’efforcer d’entrer dans ces chansons fort longues et souvent bien lugubres, et j’aurais bien aimé le faire, mais non.

Changement de plateau, une bande de types grisonnants monte sur scène pour brancher des trucs et commencer la balance, et je me dis tiens si ça se trouve ce sont les mecs de Tortoise qui font leurs réglages eux-mêmes. Je réalise que je n’ai aucune idée de la tête qu’ils ont. Tortoise est peut-être le premier groupe que j’aie aimé, à la sortie de l’adolescence, à s’effacer totalement derrière sa musique. Avant eux, il me fallait du cheveu long, de la rouflaquette, du costume de scène avec des dragons - sûrement pas de la beauté, mais au moins un peu d’allure, bonne ou mauvaise. Et là, à peu près au moment de l’arrivée de Lionel Jospin aux affaires, je découvre que la musique peut tout à fait exister en dehors de cette figure ambivalente (à la fois indéfectiblement virile et un peu drag-queen) du gratteux héroïque et charismatique. Des adultes normaux qui jouent du rock, des mecs qui, en tournée, quittent les chambres d’hôtel avant 11h00 sans avoir piqué le mini-flacon de gel-douche, une possibilité non envisagée jusque-là, dangereusement séduisante. Choc esthétique à l’envers, aussi, que la pochette de l’album TNT, en 1998 : un simple bonhomme au feutre noir sur du papier à lignes, clairement pas sorti de chez Hipgnosis, mais avec quelque chose d’assuré dans le trait, d’assumé dans la laideur et les oublis, qui le rendait intrigant et presque élégant. Un sabbat musical, inversant tous les codes du rock, et à l’entrée dans l’âge adulte, ça m’a fait du bien. En 2016, les membres du groupe sont toujours aussi anonymes pour moi. Le nom « John McEntire » remonte aléatoirement à la surface, mais il n’y a pas grand-chose derrière. Finalement, les vrais Tortoise arrivent tranquillement sur scène (en fait ce n’était pas du tout eux à la balance), ils s’installent derrière des batteries, des vibraphones, ce genre d’instruments. Quelque chose d’une réunion de bureau national du Nouveau Centre dans l’allure générale, avec quelques tatouages en plus. Délibérément anti-spectaculaires. Ils sont environ cinq ou six, je n’ai pas compté précisément (vous irez regarder, si ça vous intéresse), leur petit jeu de chaises musicales permanent n’aidant pas trop. Les places et les instruments sont souvent échangés en cours de morceau, et régulièrement un ou deux membres s’éclipsent backstage sans que le rendu s’en trouve radicalement changé. Un mec au vibraphone, c’est bien, deux, honnêtement, on ne peut pas dire que ça sonne deux fois plus énorme, la nuance est subtile. On a bien compris que le collectif prime sur l’individu, qu’il ne s’agit pas de mettre en avant les prouesses d’Untel à la guitare ou à la basse. Prouesses qui sont d’ailleurs strictement inexistantes, chacun joue sa petite note - ping ! - son petit riff, rien ne dépasse, et le sens de l’épure dont je parlais tout à l’heure finit par se retourner contre le groupe. On s’ennuie assez vite dans un entre-deux pas très passionnant : est-ce du jazz sans la virtuosité, l’audace et l’improvisation ? Du rock sans l’énergie ? De la pop sans les chansons ? Il faudrait réécouter les albums, ce que je n’ai pas fait depuis quinze ans. Est-ce que sur disque le son était plus précis, plus riche ? Les morceaux plus ramassés ? Je reconnais les titres de TNT ou de Standards, d’autant mieux qu’ils sont joués comme sur le disque, pour ce que je m’en souviens. Ten-Day Interval, TNT (la chanson) sont en tout cas accueillis comme des tubes par les fans dans la salle. Les contours me sont familiers, je me souviens avoir moi aussi aimé ces suites de notes, mais je ne sais plus du tout pourquoi. Maintenant, elles me paraissent absolument aléatoires et vides de sens, ils pourraient les jouer à l’envers, deux fois plus vite ou dix fois plus lentement que ça ferait pareil, le charme est rompu.  Peut-être que Tortoise est un groupe que j’ai un peu trop voulu aimer, à une époque, parce que la presse (les Inrocks par exemple) nous y incitait fortement, peut-être qu’il y avait un peu de snobisme dans tout ça. Peut-être aussi que leurs motifs qui me paraissent si plats et si répétitifs aujourd’hui ont quand même préparé mes oreilles à l’écoute de Philip Glass ou Steve Reich, aux intervalles exotiques, au son abstrait des synthés analogiques qui me plaît tant aujourd’hui ? Au final ça me convient bien de ne pas juste céder à la nostalgie et de constater qu’en quinze ou vingt ans mes goûts musicaux ont évolué et se sont précisés, le concert n’était certes pas terrible mais ce n’est jamais tout à fait un coup pour rien.
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